À Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba et considérée comme la capitale mondiale du cobalt, s’est tenu, en marge du Mining Tech Summit, un rendez-vous d’ouverture consacré à l’avenir du secteur minier et technologique en République démocratique du Congo.
À cette occasion, le directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb a plaidé pour une rupture avec le modèle de l’extraction brute au profit d’une économie de transformation portée par la technologie, l’innovation et le contenu local.
Dans son allocution, le DG de l’ARSP a replacé son intervention dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, rappelant que lors du lancement des premiers travaux des États généraux des postes et télécommunications, le 27 avril 2026, le président a réitéré sa volonté de faire du numérique un levier des transformations économiques, de l’inclusion sociale et de la souveraineté nationale.
Miguel Kashal Katemb a également souligné que cette ambition est portée, sur le terrain, par le gouvernement de Judith Suminwa, première ministre, cheffe du gouvernement, dont l’action s’inscrit, selon lui, dans une gouvernance axée sur les résultats et l’accélération des politiques économiques structurantes.
Du « tout extraction » à la transformation par la technologie
Revenant sur le thème du sommet « Souveraineté minière et puissance technologique, bâtir l’avenir stratégique de la RDC », le patron de l’ARSP a insisté sur la place du Lualaba dans les enjeux mondiaux liés aux minéraux critiques, essentiels à la transition énergétique et aux technologies de demain.
« La vision du Chef de l’État nous invite à dépasser le paradigme de l’extraction brute pour bâtir une économie de transformation », a-t-il déclaré, estimant que la convergence entre technologie, innovation et contenu local doit devenir une réalité.
Selon lui, les entrepreneurs congolais sont appelés à s’intégrer aux différentes phases de la révolution numérique : essor de la technologie mobile, transformation portée par les médias sociaux et le big data ainsi que la phase actuelle dominée par l’intelligence artificielle et l’automatisation.
Cette initiative est portée par l’ARSP, avec la collaboration de CODES RDC sous l’implication de la gouverneure du Lualaba, Marie-Thérèse Saini Masuka. Elle s’inscrit également sous le haut patronage du ministère de l’Économie numérique dirigé par Augustin Kibassa, et du ministère de l’Entrepreneuriat, du développement des PME, conduit par Justin Kalumba Mwana Ngongo.
Dans sa prise de parole, le ministre des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo a salué le leadership du DG de l’ARSP. À l’en croire, son engagement a permis de mobiliser les acteurs institutionnels autour de l’initiative.
Il a notamment évoqué la nécessité de consolider les avancées liées à la future loi sur le contenu local.
S’adressant aux participants, il a martelé l’importance de cette prochaine étape législative. Pour lui, la loi sur le contenu local constitue un marqueur majeur du leadership présidentiel et un instrument attendu pour structurer la participation des acteurs nationaux, tout en renforçant la souveraineté économique.
La digitalisation de l’industrie extractive à l’horizon 2030
Prenant également la parole, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner la dynamique impulsée au plus haut niveau de l’État. Il a mis en avant la dimension coordonnée de la démarche, où régulation économique et transformation numérique avancent de manière complémentaire.
Il a indiqué que cette synergie institutionnelle vise à structurer un écosystème de sous-traitance local plus robuste, en intégrant pleinement les opportunités offertes par le numérique afin de renforcer les capacités des acteurs nationaux et de favoriser l’émergence de solutions technologiques adaptées aux réalités du secteur minier.
De son côté, la gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka a salué une opportunité majeure de renforcer l’attractivité de la province, de stimuler l’innovation locale et d’impulser un développement économique durable.
De son côté , la présidente de CODES RDC a insisté sur le rôle de la technologie à l’ère du numérique. Elle a souligné que le secteur minier mondial connaît une mutation technologique sans précédent, et que la RDC dispose d’une opportunité unique : devenir un pôle d’innovation technologique minière.
À ses yeux, la technologie n’est pas une finalité, mais un outil pour mieux produire, mieux protéger et mieux gérer, tout en élargissant l’inclusion économique en permettant aux PME, ingénieurs et jeunes talents de passer d’une logique de sous-traitance d’exécution à une logique de création de valeur.
Le sommet s’est tenu en présence du conseiller principal du chef de l’État en matière de PTNTIC, réunissant décideurs publics, experts et opérateurs miniers autour d’un objectif commun : faire de la technologie un levier stratégique de structuration et de compétitivité pour les entreprises congolaises.
La Rédaction


