La société COLINGO, opérant sur le site minier de Tenke Fungurume Mining (TFM) dans le Lualaba, est au cœur d’une vive polémique sur des licenciements jugés abusifs et collectifs de travailleurs Congolais au profit de main-d’œuvre expatriée dans la commune rurale de Fungurume au Lualaba.
L’entreprise est accusée de privilégier l’importation de chauffeurs chinois pour des postes qui étaient historiquement occupés par des travailleurs locaux. Cette situation provoque une vive colère parmi les employés nationaux qui en appellent à une intervention des autorités compétentes.
Outre ces licenciements ou mises à l’écart, les travailleurs congolais dénoncent le non-respect du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), revalorisé à 14 500 FC (avec une projection à 21 500 FC en janvier 2026), en faveur d’un salaire décent
Face à cette situation, des employés ont déposé leurs équipements de travail auprès du parquet de Fungurume en signe de protestation.
L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) sollicitée pour intervenir contre ces “sociétés de façade” ou ces pratiques de substitution de main-d’œuvre.
Contexte général de crise sociale au Lualaba

Ce cas n’est pas isolé dans la région de Kolwezi, où plusieurs entreprises à capitaux chinois sont pointées du doigt pour des pratiques similaires durant ce mois d’avril.
• Lualaba Copper Smelter (LCS) : est accusée de fraude au SMIG et d’exploitation systématique des travailleurs dans une dénonciation datée de mars 2026.
• MKM (Musonoie Mining) : Les agents y ont mené des grèves répétées pour réclamer le respect de la convention collective et l’arrêt des mesures illégales.
Des cas de licenciements sans préavis (parfois après un seul jour de maladie) ont été signalés dans d’autres structures minières de la province.
En réponse à la multiplication de ces abus, le gouvernement congolais a lancé, le 10 avril 2026, une offensive nationale contre le recours illégal à la main-d’œuvre étrangère. Les autorités prévoient :
• Un ultimatum de 30 jours pour régulariser le personnel expatrié.
• Des opérations de contrôle sur l’ensemble du territoire avec des risques d’expulsion administrative pour les expatriés en situation irrégulière et de suspension des activités pour les entreprises fautives
Les travailleurs locaux et certains activistes interpellent les autorités provinciales et le ministre du Travail pour faire respecter la législation sur la sous-traitance, qui impose normalement la priorité aux nationaux.
JAMES KABWE


